Lettre d'info #8 (Qu'est-ce que l'alimentation ?)

Bonjour à toutes et à tous,

Quelques jours de repos en famille sous le soleil quasi-estival des Vosges auront eu le loisir de faire mûrir à point cette nouvelle lettre.
Questionner régulièrement sur le sujet, j'aurais pu parler des bienfaits du soleil après l'hiver pluvieux que nous avons subi. J'aurais pu aussi parler du bonheur de ne rien faire d'autre que de se faire plaisir, de se coucher tôt et de se lever tard, de recevoir des amis, de faire des grandes balades dans les bois, de faire la sieste au soleil.
Oui, mais être en vacances en famille, c'est aussi synonyme de boire l'apéro, de manger, de reboire l'apéro, et de remanger beaucoup plus souvent qu'à l'accoutumé. Et je me suis dit que je tenais là un excellent sujet. Que signifie s'alimenter aujourd'hui pour vous, pour moi ?

S'alimenter est bien sur le deuxième besoin primaire après la respiration. Manger et boire est indispensable à la vie.
A priori, jusque-là, nous serons tous d'accord. Pas si sûr en fait... Je connais des personnes qui n'aiment pas manger et qui souhaitent se débarrasser le plus vite possible, chaque jour, de ce moment inutile, sans plaisir, qui ne « sert à rien" ! Cette catégorie rêve de voir arriver les pilules, trois fois par jour, qui remplaceront les repas.
Est-ce que le corps est une machine qui a besoin de ces doses de protéines, de glucides, de lipides, de vitamines, de sels minéraux, d'eau... Pour fonctionner correctement ? Est-ce que l'on peut réduire l'alimentation à la seule ingurgitation de nos besoins nutritionnels vitaux ?

Puisque l'alimentation est aussi importante, les aliments que nous absorbons sont-ils tous identiques pour notre « bon fonctionnement » ?
Est-ce que les modifications que nous avons apportées à la « fabrication » de nos aliments durant ces dernières décennies ont, ou peuvent avoir un impact sur notre bon fonctionnement ?
Je voudrais vous faire part d'une expérience réalisée en 1965 par un Américain, le professeur McConnell, qui étudiait les comportements des peuples cannibales et plus particulièrement du concept de l'appropriation anthropophage (je mange le cœur d'un valeureux guerrier et grâce à cela, je le deviendrais à mon tour).
McConnell utilisa des vers plantaires qui ont la particularité de pouvoir se nourrir de leurs congénères morts. Il plaça cinquante vers dans une boîte métallique ouverte et à intervalle régulier une lampe s'allumait au-dessus de la boîte. Dans le même temps, une décharge électrique faisait se contracter les vers.
L'opération se renouvela jusqu'à obtenir un réflexe conditionné (Pavlov). Il suffisait d'allumer la lampe pour voir se crisper les vers sans avoir besoin de décharges électriques.
Dans le même temps, cinquante autres vers ont été placés dans une boîte identique soumise à l'allumage de la lampe aux mêmes intervalles, mais sans jamais recevoir aucune décharge électrique. L'allumage ou non de la lampe n'a jamais eu aucune influence sur le comportement des vers.
Les vers de la première boîte ont été tués et donnés à manger aux vers de la seconde boîte. Après le temps nécessaire à l'assimilation totale de ces vers, on recommença à allumer régulièrement la lampe sans produire de décharges électriques. Aussi extraordinaire que cela puisse paraître les vers de la seconde boîte se contractaient à chaque allumage de lampe ! Ils s'étaient appropriés la mémoire de leur nourriture !

Longtemps décriées par la communauté scientifique, les expériences de McConnell sont aujourd'hui reprisent et validées grâce aux progrès réalisés en biochimie et en neurologie entre autres.
Qu'est-ce que cela nous apprend sur les aliments ? Sont-ils seulement des matières dont le corps a besoin ? À l'échelle humaine, les bouleversements alimentaires de ces cent dernières années, peuvent-ils avoir des effets sur notre « bon fonctionnement » ? Et si on prenait le temps de se (re)poser la question sur notre alimentation ? Que signifient ces mots : trouver de la nourriture et la manger.

Le bien-être doit sûrement trouver un chemin vers cette direction.

Nous continuerons de parler d'alimentation dans la lettre n°9 du 11 avril prochain.

D'ici là, portez vous mieux.