Billets de kinesio54

  • A la rencontre du pardon

    A la rencontre du pardon

    Qu’est-ce que le pardon ? Que représente l’action de pardonner ?

    Peut-on tout pardonner ? À qui doit-on pardonner ?

    L’origine étymologique de ce mot vient indiscutablement de la religion. Le souvenir de mon enfance catholique connote encore parfois le pardon dans ce sens restreint : « Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »

    Cette nécessité absolue de devoir passer par le pardon a très certainement dénaturé l’acte lui-même. Comme je l’ai évoqué en introduction, le pardon est maintenant un blanc-seing à toutes les dérives comportementales.

    Nous ne nous interrogeons que rarement sur ce mot et grande est la surprise lorsque, en séance, nous explorons des placards que les patients considéraient comme sans importance. Combien de fois ai-je entendu : « Ah ça ! oui bien sûr, je l’ai déjà pardonné ! »

    Mais la couche de vernis ne résiste pas longtemps et le pastiche du pardon s’effondre laissant réapparaître toutes les questions auxquelles la personne n’avait pas souhaité répondre…

    Mon quotidien consiste à défaire avec mon discours, tout ce qui peut contribuer de près ou de loin à un enfermement, à l’obligation de suivre des dogmes religieux, philosophiques, scientifiques, sociétaux, familiaux, tribaux… et mêmes thérapeutiques !

    Il n’y a pas d’autre réponse que la vôtre, et écrire cette phrase laisse supposer que je cherche à vous imposer mon dogme. Ce qui est le contraire de ma pensée.

    Laissez-moi vous apporter la question et faites-vous confiance pour trouver votre réponse :

    À qui devez-vous pardonner ?

    À qui devons-nous pardonner ?

    Commencez, avant d’aller plus loin dans votre questionnement, par vous défaire de ce que vous croyez savoir sur le pardon, en tant que délivrance religieuse.

    Identifions les protagonistes et puis demandons-nous ce que signifie ou ne signifie pas pardonner.

    Dois-je pardonner à l’autre ses mots, ses gestes qui m’ont blessé, ses fautes répréhensibles légalement ? Ou dois-je me pardonner à moi-même de m’être laissé submerger par les mots, les gestes ou les fautes de l’autre ?

    Dois-je demander pardon aux autres de ne pas penser comme eux, de ne pas faire comme ils l’exigent, de sortir du rang ?

    Concernant cette dernière question, ce qui me gêne dans l’idée acquise qu’il est nécessaire de demander pardon aux autres, c’est de sous-entendre qu’il existe une façon unique d’explorer ou de s’exprimer.

    Nous sommes ici encore totalement liés à la religion et à la notion du Bien et du Mal : puisque je dévie du dogme et des normes, il est incontournable que je paye mes fautes…

    Pour moi, ce pardon-là n’a aucun sens et reflète une non-maîtrise de nos choix. 

    Bien sûr, mon propos est corrélé au respect de la liberté de l’autre.

    Reste donc le choix de se pardonner soi, face aux autres ou de pardonner les autres face à soi-même…

    Les avis s’opposent, identiquement recevables de part et d’autre. Je rencontre au cabinet des partisans du pardon aux autres et du pardon à soi-même. Mais tous semblent avancer à cloche-pied… jusqu’à comprendre qu’il serait peut-être tant de remplacer « ou » par « et »…

    Réinventer le pardon…

    Afin de guérir les blessures du cœur et de l’âme, il faudra donc passer par le pardon aux autres et le pardon à soi-même. Il n’y a certainement pas d’ordre à respecter même si le pardon à soi demeure souvent le plus difficile à réaliser.

    Dans le fond, quelle différence existe-t-il entre l’acceptation, le détachement et le pardon ? Je donne à l’acceptation ce mouvement vers le centre, vers le soi et au détachement le mouvement inverse. Je crois que le pardon pourrait être considéré comme le moteur de ces mouvements, quelle qu’en soit la direction…

    Pardonner aux autres se relie à l’acceptation, tandis que se pardonner à soi accompagne le détachement.

    Le pardon correspond pour moi à cette énergie invisible qui motorise votre mouvement de transformation intérieure, sans que vous ayez conscience de son existence parfois (certains moteurs sont immensément silencieux…)

    Bien sûr, je ne peux pas conclure ce sujet sans vous parler d’Olivier Clerc et de son travail sur le sujet depuis une quinzaine d’années.

    Dans son dernier livre, « peut-on tout pardonner ? », il donne des outils et des pistes de fonctionnement qui permettent de se réapproprier le pardon sous un jour nouveau, en comprenant que pardonner n’est ni humiliant, ni un signe de faiblesse, mais aussi que pardonner n’excuse pas, ne cautionne pas et ne réconcilie pas forcément…

    Je vous invite dans la mesure du possible à participer à un cercle de pardon. Ce moment hors du temps pourrait vous atteindre de façon certaine…

    C’est précisément lors de l’un de ces ateliers que j’ai compris cette place particulière qu’avait le pardon dans ma démarche thérapeutique et littéraire.

  • Découvrir le concept de "commencement" dans sa recherche de mieux-être

    Découvrir le concept de "commencement" dans sa recherche de mieux-être

     

    « Le commencement est beaucoup plus que la moitié de l’objectif. » 

    Aristote

    « L’homme le plus heureux est celui qui peut relier la fin de sa vie avec son commencement. »

    Johann Wolfgang von Goethe

     

    Si vous parcourez ce livre, c’est que vous avez envie de vous connaître mieux, de changer quelques fonctionnements, de déchiffrer, de trouver du sens…

    Il ne vous viendrait sûrement pas à l’esprit d’empoigner cet ouvrage à la page 50 ! Et de dire au terme de sa lecture : « je ne suis pas certain de tout comprendre, mais je ne sais pas pourquoi ! »

    Écarter sciemment ce qui peut aider entraîne des conséquences d’une logique implacable.

    Pouvons-nous apprendre à mieux nous connaître tout en ignorant l’intérêt de regarder la naissance de notre histoire, en décidant d’occulter ce qui permet de comprendre les actes du présent ?

    J’ai souvent l’impression que certains rangent cette époque dans une boîte en fer blanc ou un coffre fermé à double tour pour éviter d’y toucher, d’en parler, de s’en occuper, consciemment ou inconsciemment !

    Quand nous allons au cinéma, arrivons-nous systématiquement après les dix premières minutes du film ? Non bien sûr.

    Nous avons certainement conscience qu’agir ainsi compliquerait notre compréhension du film. Alors pourquoi procédons-nous de la même manière lorsqu’il s’agit de notre commencement ? Pourquoi tant de difficulté à connaître et visionner le film de l’origine de notre vie ?

    L’absence de souvenirs et l’impossibilité de s’appuyer sur une mémoire mentale fiable rendent forcément l’exercice périlleux. Devoir se contenter de ce que les parents nous ont raconté n’apporte parfois qu’un contenu bien maigre ou subjectif.

    Par ailleurs, le discours entendu peut se révéler partiellement ou totalement faux. Dans certaines familles, des secrets ou non-dits façonnent des comportements incompréhensibles et d’une telle fragilité que leurs divulgations pourraient changer plus ou moins radicalement la vie des concernés.

    Des discussions plus tardives avec d’autres acteurs, d’autres témoins de la vie familiale de ces périodes peuvent éclairer de grandes zones d’ombre. Malheureusement, il se peut que les protagonistes aient disparu quand nous déciderons de commencer notre travail. Ce qui n’exclura pas de trouver des réponses, parfois là où nous nous y attendions le moins.

    Je crois qu’il est indispensable de s’interroger sur cette période, de regarder les dix premières minutes de notre film ou lire les cinquante premières pages de notre roman.

    Entreprenez cette démarche dès que vous serez prêt.

     

    Soyez les bienvenus au cabinet pour travailler sur Votre Commencement